Localisation
Le trégor est constitué du territoire de l’ancien évêché de Tréguier. C’est une région nettement délimitée par des frontières naturelles :
A l’ouest, la rivière de Morlaix et son affluent le Queffleut.
Au sud, le diocèse de Tréguier était séparé de celui de Quimper par une ligne partant de la source du Queffleut en plein Monts d’Arrée, et allant jusqu’à la source du Leff au nord ouest de Quintin.
A l’est, la rivière du Leff depuis sa source et le Trieux jusqu’à son embouchure.
Au Nord enfin, c’était la Manche qui clôturait le Trégor .

Trébeurden :Allée couverte de Prajou-menhir

La préhistoire de la Bretagne a été connue pendant longtemps presque uniquement par ses monuments mégalithiques : dolmens, allées couvertes, menhirs qui datent du Néolithique (5000 à 2000 avant J-C). Mais on décèle dès le Paléolithique vers 300000 avant J-C les traces d'une présence humaine à Plestin-les-Grèves.
Le Trégor à l'époque de l'Armorique Romaine

Le Trégor entre dans l'histoire avec la conquête romaine de 57-56 avant Jésus-Christ. A cette époque, il faisait partie du territoire du peuple celte des Osismes, établi dans le Finistère actuel et l'ouest des Côtes d'Armor jusqu'à la rive du Gouët. L'occupation romaine y eut pour centre la localité de VETUS CIVITAS (aujourd'hui le COZ YAUDET

les deux seules agglomérations notables étaient situées à l'emplacement de Lannion et Morlaix.
A la fin du IIIe siècle de notre ère, le Trégor et l'Armorique en général subissent une crise économique et le contrecoup de raids de Saxons. Dans le dernier quart du IVe siècle et au début du Ve siècle, la défense du territoire devenant de plus en plus difficile, il est fait appel par les Armoricains à des Bretons insulaires du Pays de Galles, de la Cornouaille et du sud de la Bretagne,
Naissance du diocèse de Tréguier
Les migrants bretons, chefs de clans avec une partie de leur peuple, mais aussi beaucoup de moines accostent sur les rives nord et ouest de la péninsule, et s'y établissent multipliant les toponymes en "plou" ou "pleu" (Plounérin, Pleumeur-Bodou par exemple) indiquant un chef-lieu de paroisse, ou en "lan" pour les monastères (Lanmeur, Langoat parmi tant d'autres)
A cette époque le Trégor fait partie d'un plus vaste ensemble couvrant la côte nord de la péninsule : la DOMNONEE créée par les "Domnonii" émigrés.
Parmi les moines bretons qui s'établissent en Trégor, on trouve : Guirec, Milliau, Efflam, Maudez... et surtout TUGDUAL. Il fonde un monastère à l'emplacement actuel de Tréguier : le "NANT TRE GOR", la vallée des trois armées.

Chateau de TONQUEDEC

Le Moyen-Age : Féodalité - Vie religieuse
La lutte contre les normands avait obligé les seigneurs à s'entendre et à construire des retranchements. Ce furent d'abord, des mottes de terre entourées de douves et de haies. Le donjon était en bois. Plus tard l'on construisit, en pierre, des châteaux et des manoirs fortifiés dont le style évolua au cours des siècles : notons ainsi quelques fleurons de l'architecture militaire trégorroise comme les châteaux de Tonquédec et Coatfrec ou encore celui de La Roche-Jagu.
Dans les campagnes trégorroises domine un type original d'exploitation rurale : le domaine congéable ou convenant. Le seigneur possède le fond, et le paysan les "édifices et superficies", c'est à dire tout ce qui dépasse de la surface du sol, qu'il peut vendre ou transmettre sans avoir à payer de droit de mutation ; le seigneur peut expulser le domanier à la fin du bail, à condition de lui rembourser la valeur des édifices et superficies, ce qui rend en fait les évictions très rares et donne aux paysans une réelle indépendance.
Les villes étaient minuscules. Seules Tréguier, Guingamp, Lannion et Morlaix avaient un caractère urbain, avec une population de 3000 à5000 habitants. Lannion et plus encore Morlaix avaient une fonction commerciale et maritime relativement importante.
A noter que durant la guerre de Cent ans Tréguier, sauf sa cathédrale, fut détruite en 1345 par les Anglais ; en 1346, ceux-ci assaillirent Lannion qui tomba malgré le courage de Geoffroy de Pontblanc

Lannion

Les révoltés de Fouesnant( Jules Girardet)
Le Trégor du XVIe siècle à la Révolution

Au XVIe "Les Guerres de la Ligue" entraînent de nombreux troubles. En 1587, le capitaine Matelier pilla Perros-Guirec. En 1589, au mois de novembre, les paroisses des environs de Tréguier se soulevèrent et vinrent investir la ville. La ville fut dévastée. Lannion fut également pillée, et le château de Coatfrec détruit en 1592. En 1594, Guingamp est le centre de combats entre Ligueurs et Huguenots.
Au début du XVIIe siècle de nombreux foyers de peste ravagent Tréguier, Lannion et ses environs
La Révolution brisa le cadre féodal et la France, sur les conclusions de Siéyès, fut partagée en départements. (Siéyès, ancien chanoine de Tréguier, avait fondé le club des Bretons, devenu le club des Jacobins). Les limites des Côtes-du-Nord (nom de l'époque) furent établies fin février 1790. L'évêché de Tréguier disparut.